La responsabilité sociale des entreprises (RSE) : plus une tendance, mais une réalité !

Le monde est en crise. Nous vivons une période que certains identifient de surréaliste. La COVID-19 frappe fort, tant sur le plan social avec les menaces sur la santé humaine qu’au niveau économique alors que le Québec a été en pause, en confinement, en restriction, en couvre-feu et avec des mesures qui varient au fil du temps et auxquelles les entrepreneurs doivent s’ajuster depuis la dernière année. Il se dégage un consensus en lien avec cette pandémie de COVID-19 : un retour aux façons de faire d’avant n’est pas envisageable. Les entrepreneurs ont été frappés de plein fouet et démontrent une ferme volonté de gérer différemment leurs entreprises. La notion de responsabilité sociale prend désormais toute son importance dans notre société de demain et les entreprises doivent planifier cette avenue immédiatement.

Le monde ne sera plus jamais le même. Les valeurs de base de notre société vont migrer vers une concertation et une nécessité d’adopter un comportement social permettant d’édifier une société meilleure. En effet, dans un monde soumis au regard permanent des autres, la responsabilité sociétale des entreprises sera désormais un enjeu financier. Nombre d’entreprises et de particuliers scruteront à la loupe les comportements et interventions en matières environnementale, sociale et économique des diverses entreprises avec qui elles feront affaires. Leurs décisions ne seront plus basées uniquement sur la qualité des produits ou encore le service client, mais sur la démonstration d’un comportement social exemplaire.

Je propose un exemple. ESG…cela vous dit quelque chose ? Le diminutif (l’acronyme) de Environnemental Social Governance. Un nouveau concept aux objectifs  »Éthique » et de gestion des risques réputationnels, pour votre entreprise et vos partenaires de votre chaîne des valeurs. L’investissement responsable se définit comme une approche d’investissement incluant les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la sélection et la gestion des placements et des investissements.

D’ailleurs certaines institutions financières, fonds d’investissement et gestionnaires de portefeuille répondent à la demande de leurs clients pour créer et investir dans des secteurs et fonds ESG.

Un exemple: La Deutsche Bank vient rejoint une liste de plus en plus longue de prêteurs et d’assureurs européens qui ne désirent plus soutenir de nouveaux projets de sables bitumineux. On désire désormais faire des investissements responsables. Et cette tendance s’observe également de plus en plus en Amérique du Nord et encore plus particulièrement au Québec.

Le Mouvement Desjardins est à ce chapitre aussi un précurseur en matière d’investissement responsable et offre une gamme de produits de placement qui intègre des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la sélection et la gestion des titres qui composent les portefeuilles C’est un exemple québécois de sensibilité d’une entreprise aux défis de nos communautés urbaines et rurales.

Un exemple de responsabilité sociale : Favoriser des fournisseurs locaux au lieu de produire en Chine pour diminuer les coûts de production. On stimule l’économie, crée et conserve des emplois, sécurise la production et diminue les gaz à effet de serre. On n’a jamais autant entendu parler d’achats locaux depuis que la pandémie affecte les marchés.

Or, une confusion persiste entre le développement durable et la responsabilité sociétale et l’acceptabilité sociale. Démystifions le tout ensemble.

Le développement durable et la responsabilité sociétale

Le développement durable est une notion largement répandue. Le Québec, par l’adoption de sa Loi sur le développement durable, propose sa propre définition au développement durable, « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement. »

Le développement durable remet donc en question notre modèle de développement axé sur la seule croissance économique en reconsidérant nos façons de faire en tenant compte des trois piliers du développement durable : social, environnement et économie.

La responsabilité sociétale est quant à elle, essentiellement centrée sur l’organisation. Elle concerne les responsabilités de l’organisation vis-à-vis de la société et de l’environnement afin d’agir de manière responsable et de contribuer au développement durable. Il s’agit de lignes directrices qui encadrent les gestes posés de manière responsable par l’organisation. L’objectif de la responsabilité sociétale est de contribuer au développement durable.

Le résultat d’une réelle démarche en RSE demeure l’acceptabilité sociale qui selon moi, constitue une approche permettant à toutes les parties-prenantes d’analyser tous les paramètres sociaux, environnementaux, culturels et économiques d’un projet afin de dégager une forme de consensus pour son adoption. Il demeure essentiel de tous et chacun démontrent une attitude ouverte et de bonne foi afin d’édifier une société meilleure ».

La norme internationale ISO 26000 : une référence

L’Organisation internationale de normalisation (ISO) a élaboré, en 2010, l’ISO 26000, une norme internationale qui donne des lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Contrairement aux autres normes ISO, ISO 26000 n’est pas une certification. Elle a été écrite afin d’être utile à tous les types d’organisation des secteurs privé, public et à but non lucratif, de grande ou de petite taille, et opérant dans les pays développés ou en développement. ISO 260000 fournit des lignes directrices relatives aux sept principes de responsabilité sociétale qui abordent six questions centrales. Elle vise à encourager les organisations à aller au-delà du respect de la loi, impliquant, de la part de l’organisation, des actions basées sur des valeurs éthiques.

Reconsidérer nos façons de faire : Une politique en responsabilité sociétale

Se doter d’une politique en responsabilité sociétale signifie que l’organisation met sur papier les lignes directrices qui encadrent ses pratiques existantes. Lorsqu’une organisation aborde et pratique la responsabilité sociétale, son objectif primordial est de maximiser sa contribution au développement durable.

La politique en responsabilité sociétale présente en quelques pages les engagements d’un propriétaire d’entreprise envers les diverses parties-prenantes, soit ses employés, ses fournisseurs, ses clients, les populations avoisinantes, la société, tout en respectant la conformité réglementaire associés à ses activités. Les trois grands principes à respecter se résument comme suit :

  • Maintenir l’intégrité de l’environnement pour assurer la santé et la sécurité des communautés humaines et préserver les écosystèmes qui entretiennent la vie;
  • Assurer l’équité sociale pour permettre le plein épanouissement de toutes les femmes et de tous les hommes, l’essor des communautés et le respect de la diversité;
  • Viser l’efficience économique pour créer une économie innovante et prospère, écologiquement et socialement responsable.

Les avantages d’une politique en responsabilité sociétale pour les entreprises.

De plus en plus, les clients fondent leurs décisions de retenir un fournisseur non plus uniquement sur la qualité des produits ou encore le service client, mais sur la démonstration d’un comportement sociétal exemplaire.

Les entreprises tirent de nombreux avantages à élaborer une charte en responsabilité sociétale :

  • Propose des engagements clairs et des actions concrètes
  • Crée un sentiment d’appartenance et de fierté avec les employés
  • Favorise un climat de confiance avec les populations avoisinantes
  • Contribue à développer un sentiment de partenariat avec la clientèle
  • Démontre une réelle volonté d’être un bon citoyen corporatif
  • Favorise une image corporative de marque
  • Se différencie de la compétition.
  • Procure une satisfaction aux gestionnaires.
  • Génère de la reconnaissance au propriétaire

Avec les grands changements que nous vivons, la responsabilité sociale des entreprises devient un incontournable auprès de la gouvernance. Les organisations désirent de plus en plus revoir la forme de leurs activités pour avoir un impact positif sur nos communautés.

Repenser les rapports qu’entretiennent les êtres humains entre eux et avec l’environnement est une aspiration que partage un nombre grandissant de femmes et d’hommes. Ils posent un regard critique sur un mode de développement qui, trop souvent, porte atteinte à l’environnement et à notre équilibre social. Les entreprises qui démontrent une approche en responsabilité sociétale contribuent à illustrer que les entreprenuers ont une conscience sociétale bénéfique à tous et toutes. Une approche en RSE demeure l’approche à privilégier par l’élaboration du politique en RSE et sa mise en œuvre.

Voilà le réel défi qui se dresse devant nous.

Gaston Déry C.M.
Conseiller stratégique en responsabilité sociale des entreprises (RSE)
Collaborateur en responsabilité sociale, BNP Performances philanthropique
https://www.bnpperformance.com/courses/responsabilite-sociale/